Lorsque j'ai rencontré Espion, c'était encore un jeune cheval. Il venait d'arriver dans mon centre équestre. Impressionnant, ce gros cob gris pommelé...
Ensuite, j'ai pu le monter. Bouuuh ! Quel caractère ! Dès qu'il était en colère, il donnait des coups de cul. Un peu mou et paresseux aussi. Bref : un cheval pas très attirant !
Mais, à force de le monter, d'aller embrasser le sable du manège et de le motiver pour qu'il avance, j'ai découvert qu'il était aussi très pot de colle et un fan des obstacles. Sous son mauvais caractère se cachait un coeur gros comme ça.
A partir de ce moment, a débuté une grande complicité. Je le pansais pendant des heures, l'emmenait brouter, le câlinait... En selle, j'appris à l'encourager, pour qu'il accepte de m'emmener voler avec lui, au-dessus des obstacles...
Malgré des débuts difficiles, il prouva, à tous ceux qui ne voyaient qu'un gros cheval de trait fainéant, sa valeur. Lorsque je lui demandais, il bondissait vers les obstacles en tendant ses rênes, les oreilles pointées vers l'avant (ou tournés vers moi)...
Maintenant, je suis loin de lui. Mais, je n'oublierai jamais ces moments. Ces instants où il m'a offert son coeur, où il m'a fait confiance.
Tu me manques Espion.


