Samedi matin, je retournai prendre un cours avec Philaé.
Il faisait froid avec pas mal de vent et des averses. J'arrivai super tôt pour une fois. J'avais une heure devant moi pour préparer ma jument.
L'écurie était déserte et les chevaux ont sorti la tête de leur box pour me dire bonjour. J'adore l'atmosphère calme qui plane à l'intérieur. Bruits de mastiquation de foin, de déplacement de sabots étouffé par la paille, d'hennissements murmurés timidement, de ronflements de satisfaction...
Philaé est venue me voir à la porte. D'habitude, elle ne se déplace pas pour moi. Forcément, ça me fait plaisir. Il faut dire que la dernière fois que je suis allée la voir, je ne l'avais pas montée, mais je lui avais fait un bon pansage. Ca lui laisse de meilleurs souvenirs...
Je commence à la panser. Mademoiselle veut voir ce qui se passe dehors et pousse la porte (Comme je l'avais déjà dit, elle est un peu juste en taille pour voir par-dessus...). Je préfère mettre ma longe en travers de la porte pour décourager toute sortie inopinée. Je lui fais confiance, elle reste à sa place en général, mais lorsque je m'assois sur ma boîte de pansage enface de son box, elle vient souvent me voir. T'aurais pas un de ces délicieux bonbons à la pomme ? Aujourd'hui, elle trouve la longe très intéressante et joue avec du bout du nez.
Je peaufine le pansage. Démêlage des crins, un peu de lustrant sur la robe... Je lui fais même une tresse lâche à la queue pour la replier. Elle ne traînera pas dans la boue comme ça.
Les autres cavaliers arrivent, je commence à seller tranquillement. Le petit bonbon avec le mors pour que Philaé ne fasse pas la grimace. Et hop ! On est prête !
Je préfère aller tout de suite dans la carrière pour faire une bonne détente, bien progressive. On fait quelques tours à pied dans le sable détrempé. Le terrain est mauvais, le sable est tassé et dur, l'eau ne s'évacue pas...
Bon, je monte. On tourne au pas rênes détendues. On trotte pareil. Philaé n'est pas très allante. Je continue la détente avec des voltes, demi-voltes, diagonales, doublers...
Les autres cavaliers arrivent dans la carrière. Je me rends compte que Philaé agite l'encolure de haut en bas au trot. Un cavalier confirme. Elle boîte. Je descends aussitôt et tâte ses membres. Rien, pas de chaleur ou de déformation.
La jeune monitrice me demande de remonter et de trotter. Elle suggère que ce n'est peut-être qu'une raideur comme la jument n'est pas échauffée. Je réponds par la négative. Ca fait un quart d'heure que je la détends. Et puis, je préfère ne pas la monter si elle n'est pas en forme.
Philaé, posée dans la mare qui innonde un côté de la carrière, s'amuse à souffler dans l'eau. Elle s'éclate ! Je la rentre à l'écurie.
Je la desselle et je lui brosse le ventre et les jambes pour enlever le sable humide. Après, on s'en va toutes les deux faire un tour à pied. Elle marche sans trace de boîterie sur le bitume. Elle est toute guillerette et cherche les autres chevaux dans les prés.
J'entends la voix de Véro qui fait le cours. C'est elle qui a fait le cours en fait. Après notre petit tour du club, je l'ai ramenée au box.
La jeune monitrice m'a conseillée de mettre Philaé au pré quand même et m'a demandé d'emmener Burgos aussi. Burgos est un beau petit cheval de robe silver dapple (chocolat à crins lavés). Il est tout le temps dans un pré à côté de celui de Philaé, ils s'entendent bien.
J'ai donc le privilège de mener au pré ce petit cheval qui me fait craquer depuis que je l'ai vu. Il a l'air cabot d'un poon et sa robe chocolat rajoute encore à son charme.
Je pars avec Philaé à gauche (je sais qu'elle est sage en longe et qu'elle ne bougera pas) et Burgos à droite (je ne le connais pas, on ne sait jamais). Effectivement, Philaé marche tranquillement, un peu en arrière et Burgos, tout content d'aller au pré, essaie de me dépasser plusieurs fois.
Je lâche ma petite blonde dans son pré. Elle s'empresse d'attaquer l'herbe à belles dents. Lorsque je lâche Burgos ensuite, il part au galop et coups de cul ! Je crois qu'ils sont tous les deux heureux d'avoir retrouvé leur pré.
Je les laisse et rentre à la maison tranquillement.
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